Skip to main content
  • guillaume ensa mauritius

Portrait de Guillaume, habitant de Baie du Cap et étudiant en architecture

Share

À 20 ans, Guillaume St Flour incarne une génération qui ose rêver grand sans jamais oublier ses racines. 

Originaire de Baie du Cap, ce jeune passionné d’art, de science-fiction et de construction manuelle a tracé un chemin singulier, entre épanouissement personnel, engagement communautaire et ambition professionnelle. 

Entretien avec un jeune homme qui prouve qu’il est possible de grandir en dehors des sentiers battus tout en revenant là où tout a commencé.

portrait Guillaume St Flour

Découvrez le portrait de Guillaume, incarnation d'une jeunesse engagée, attachée à son village mais tournée vers l’avenir et l’innovation. Par Maïti Chagny, directrice de la Fondation ASC.

Guillaume St Flour Baie du Cap architecture

De Baie du Cap à l'ENSA Nantes Mauritius

Guillaume St Flour Baie du Cap architecture

Guillaume St Flour est un jeune homme originaire de Baie du Cap, passionné d’architecture. Il a grandi entre excellence scolaire, activités manuelles et engagement communautaire.


Très tôt, il développe une sensibilité aux réalités sociales avec sa participation aux scouts et son engagement auprès de l'association Makondé.


Ses expériences artistiques et son implication locale ont été déterminantes dans son choix d’orientation vers l’architecture. Il ambitionne aujourd’hui de créer son agence à Baie du Cap pour contribuer au développement de son village.

Parcours et enfance

Guillaume, vous avez grandi à Baie du Cap. Pouvez-vous nous parler de votre parcours scolaire et de votre enfance ?
J’ai fait mon primaire à l’école locale Saint-François-d’Assise, puis mon collège à Saint-Aubin SSS. J’ai eu la chance d’être nommé meilleur élève de ma classe pendant plusieurs années. J’ai terminé mon HSC au Keats College à Chemin Grenier. Dans ma famille, ma mère est cuisinière et mon père maçon, charpentier et pêcheur. Avec eux, j’ai appris les travaux manuels, l’artisanat, mais surtout l’importance du travail et de l’effort.

Vous avez deux sœurs et un frère, je crois ?
Oui, j’ai deux sœurs, âgées de 36 et 30 ans, et un grand frère de 25 ans.

Premiers intérêts et influences

Votre intérêt pour l’art et l’architecture est-il venu tôt ?
Oui, j’ai toujours aimé le bricolage et la science-fiction. C’est là que tout a commencé. La science-fiction m’a ouvert des horizons et m’a donné envie de dessiner. J’ai aussi eu la chance de suivre des cours de dessin à Rivière-Noire quand j’étais plus jeune. En parallèle, je pratiquais aussi le sport : athlétisme, football, volley-ball. J’étais un enfant curieux avec plusieurs centres d’intérêt.

Quels artistes vous ont marqué ?
Michel-Ange, surtout pour son travail sur le clair-obscur. J’ai eu une véritable révélation face à ce contraste entre l’ombre et la lumière, entre émotion et intensité. Cela m’a aussi fait comprendre que la perception d’une œuvre est toujours subjective.

Engagement et ouverture au monde

Vous avez été impliqué dans des projets sociaux très jeune…
Oui, j’étais scout à Baie du Cap. Cela m’a permis de rencontrer des familles dans le besoin. Nous allions repeindre des maisons, réparer ou donner des meubles. À l’adolescence, cela m’a appris à relativiser et à comprendre que, malgré nos difficultés, notre situation n’est pas forcément la pire. Et surtout, j’ai compris qu’on ne doit pas juger les gens sur les apparences.

Comment avez-vous vécu le parcours de vos camarades ?
J’avais un ami très doué en art qui a arrêté l’école à 15 ans sans réelle raison. Cela m’a profondément marqué et m’a fait réfléchir à ma propre trajectoire et aux opportunités que j’avais.

Makondé et ASC

Vous avez rejoint Makondé, une association locale créée avec le soutien de la Fondation d'Anbalaba (ASC). Comment cela s’est-il passé ?
Natacha et Rosina sont venues me proposer de rejoindre le groupe de jeunes. J’ai commencé comme assistant trésorier. Cela m’a aidé à sortir de ma timidité. Nous avons suivi un cours de leadership ensemble, ce qui a eu un réel impact sur moi.

À 18 ans, on m’a confié des responsabilités importantes, notamment pour le carnaval de Baie du Cap, où je gérais le matériel et l’organisation. Cela m’a permis de prendre confiance et de comprendre que j’étais capable de gérer des projets concrets.

Vous avez aussi participé à la création du logo de Makondé ?
Oui, j’ai réalisé l’esquisse et le concept du logo avec les membres du groupe. Ensuite, un designer de Choisy, Jasheel Ramphul, a finalisé la version finale. C’était un vrai travail collaboratif.

Expériences artistiques

Vous avez également collaboré avec Awali ?
Oui, grâce à mes résultats en art au HSC, j’ai été contacté pour participer à la décoration du Kids Club d’Awali. C’était une expérience très enrichissante que j’ai beaucoup appréciée.

Orientation professionnelle

Comment avez-vous choisi l’architecture ?
J’hésitais entre architecture et géographie. Puis j’ai assisté aux portes ouvertes de l’ENSA Nantes Mauritius à Pailles, où j’ai été très encouragé. Mais le vrai déclic est venu lors d’une rencontre organisée avec des architectes de l’agence Eric Chavoix Architectes et des jeunes de Baie du Cap, dans le cadre d’une consultation sur les accès piétons autour du futur centre commercial du Domaine d’Anbalaba.

Voir les plans en 3D, réfléchir concrètement à l’espace et échanger avec des professionnels m’a donné envie de devenir architecte.

Vision du futur

Comment vous voyez-vous dans le futur ?
J’aimerais créer ma propre agence d’architecture, ici à Baie du Cap. C’est important pour moi. Tout ce que j’ai vécu ici, avec Anbalaba et Makondé, m’a construit. J’espère aussi inspirer d’autres jeunes à envisager des parcours différents de ceux qu’ils voient habituellement.

Défis et réalités des jeunes

Selon vous, quels sont les dangers qui menacent les jeunes aujourd’hui ?
Les principaux fléaux sont la cigarette et les difficultés liées à la santé mentale. Beaucoup de jeunes n’ont personne à qui parler. Sur une cinquantaine de jeunes, environ dix quittent le système scolaire. Pour l’instant, aucun n’est tombé dans la drogue, mais un meilleur accompagnement psychologique serait nécessaire.

Conseils et transmission

Quel conseil donneriez-vous à un jeune de 15 ans ?
Je lui dirais de faire face à ses doutes, de chercher à mieux se connaître, à identifier ses passions et ses talents. Il faut aussi se protéger des dangers comme l’alcool et la cigarette. Et je recommande vivement les programmes du National Youth Council, qui sont très utiles.

Regard sur le village

Pour finir, qu’aimeriez-vous voir pour Baie du Cap ?
J’ai beaucoup apprécié les fêtes de la musique organisées par la Fondation Anbalaba, Makondé et DRIP. Cela a créé une belle dynamique en réunissant les villages autour d’événements communs. J’aimerais que ce type d’initiatives continue à faire vivre Baie du Cap et à renforcer le lien entre les habitants.

Vous souhaitez soutenir les actions de notre fondation ?

fondation anbalaba baie du cap

Le Domaine d'Anbalaba, à travers sa fondation Anbalaba Social Community, s’engage à créer des infrastructures et à mettre en place des actions favorisant un lieu de vie et d’échange entre les villageois, les résidents et les visiteurs.

Si vous êtes intéressés par le travail de notre fondation et souhaitez apporter votre contribution de toute sorte à l'élaboration d'un projet ou participer à l'une des activités en tant qu'intervenant, contactez-nous !

En savoir plus
fondation anbalaba baie du cap
Book your stay
Book your stay